Rappelons que 98 % des plans d’eau au Québec sont privés ou inaccessibles. À North Hatley, la quasi-totalité des accès au lac Massawippi ainsi que les activités nautiques sont directement ou indirectement contrôlés par la municipalité :

  • station de lavage,
  • vignettes,
  • descente à bateaux,
  • location de quais (marina),
  • location d’embarcations (marina),
  • plage municipale,
  • quai municipal,
  • parc de la Rivière,
  • parc Dreamland,
  • pont piétonnier.

Ajoutons que les activités extensives reliées à l’eau (baignade, marina, location d’embarcations, etc.) ne sont autorisées que dans trois zones : P-8 (quai municipal), P-9 (plage Pleasant View) et C-9, située… à plus d’un kilomètre du lac. Les zone P-8 et P-9 sont sous le gestion de la municipalité.

Enfin, la dernière section de plage accessible gratuitement au parc Lobanaki — la seule qui n’était pas sous la gestion de la municipalité — a été fermée au printemps dernier pour protéger la bande riveraine.


Municipalité vs entreprise : deux logiques opposées

Contrairement à une entreprise, dont la raison d’être est de générer des profits, une municipalité a d’abord l’obligation de servir l’intérêt public. Lorsque la recherche de revenus prend le dessus sur l’accessibilité, elle s’éloigne de sa mission fondamentale.

C’est précisément l’enjeu qui me préoccupe : l’accès au lac pour tous, et non uniquement pour les riverains.

D’ailleurs, la valorisation des paysages et l’amélioration des accès au lac Massawippi figurent parmi les objectifs principaux du nouveau plan directeur (objectif 2.3).


Prioriser les revenus

Si une municipalité privilégie l’augmentation de ses revenus plutôt que l’amélioration des services aux citoyens, l’accès au lac pour tous devient inévitablement secondaire.

Sur l’ensemble du lac Massawippi, à ma connaissance, une seule entreprise est autorisée à louer des embarcations motorisées et non motorisées : Location des Quatre Lacs.

En 2024, cette entreprise a obtenu — par appel d’offres — le contrat de gestion de la marina de North Hatley pour 10 000 $. Selon le procès-verbal du 8 juillet 2024 (2024-07-08.16), elle était la seule soumissionnaire, comme le confirme la période de questions à la fin du document. Fait étonnant, je n’ai jamais pu consulter la moindre information sur cet appel d’offres, et ce, malgré mes demandes répétées auprès de la direction générale.


Conséquences d’un marché restreint


Un lac sous contrôle municipal

Dans un tel contexte, chaque barrière supplémentaire à l’accès public prend un poids considérable. Avec les règles en vigueur, il est raisonnable de craindre que, d’ici quelques années, seuls les riverains puissent encore profiter pleinement du lac Massawippi.

Autrement, il faudra payer très cher pour y accéder, ce qui réservera toute de même l’usage du lac à une portion privilégiée de la population. Rappelons d’ailleurs que les non-citoyens doivent déjà débourser 10$ par adulte pour accéder à la plage publique de North Hatley. Également, un non-résident n’ayant pas de lieu d’amarrage (quai) sur le lac Massawippi ne peut pas obtenir de vignette. Il doit donc payer 60$ à chaque sortie de bateau sur le lac. Heureusement, vous pouvez louer un quai à la marina de North Hatley, maintenant sous gestion de la municipalité.

Une tendance préoccupante

Reste à savoir si les citoyens de North Hatley sont vraiment prêts à céder une part de leur quiétude pour faciliter l’accès au lac Massawippi. N’oublions pas que le lac appartient à tout le monde… encore faut-il pouvoir s’y rendre.

Sur ce, bonne réflexion.

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