Ce n’est pas simplement publier un résumé des séances du conseil. C’est permettre aux citoyens de comprendre comment les décisions sont prises, sur quelles bases, pourquoi elles le sont et comment l’argent public est utilisé, avec des informations vérifiables et des documents à l’appui.
Le rôle du citoyen, ce n’est pas seulement d’élire ses représentants et de leur faire confiance. C’est aussi de s’informer, de poser des questions, de demander des comptes et de vérifier les décisions qui sont prises en son nom et avec ses taxes.
La transparence c’est notamment :
Rendre les décisions accessibles
Plusieurs éléments me laisse croire que ce n’est pas tout à fait le cas :
- Les procès-verbaux sont publiés avec plusieurs mois de retard depuis maintenant deux ans.
- Les questions des citoyens ne sont plus retranscrites dans les procès-verbaux, ce qui rend difficile le suivi des préoccupations et des réponses de l’administration.
- Les séances du conseil ne sont pas diffusées en audio ou en vidéo, excluant de fait les citoyens qui ne peuvent y assister.
Dans une petite municipalité, ces documents constituent pourtant une trace essentielle de la vie démocratique.
Expliquer les décisions et l’utilisation des fonds publics
Les citoyens devraient pouvoir comprendre les choix qui sont faits et sur quelles informations ils reposent.
Or, plusieurs dossiers soulèvent des questions :
- Rapports financiers : les rapports des dernières années auraient été transmis au MAMH avec plusieurs mois de retard et le plus récent ne serait toujours pas transmis.
- Pleasant View : les documents permettant de comprendre les fondements techniques de la décision de démolir le bâtiment devraient être accessibles.
- Patinoire réfrigérée : les plans, l’échéancier, les choix architecturaux et le fonctionnement prévu devraient pouvoir être consultés.
- Station de lavage : le plan d’aménagement, le fonctionnement, notamment le stationnement, et le plan d’opération devraient être clairement présentés.
- Kiosque de Dreamland : puisque la vente de nourriture et de boissons semble avoir été refusée dans d’autres circonstances, il est légitime de demander sur quelle base cette activité a été autorisée et de rendre publique l’autorisation applicable.
Il ne s’agit pas nécessairement de contester les décisions. Il s’agit de pouvoir les comprendre et les vérifier.
Répondre aux citoyens
Une administration transparente doit aussi répondre aux demandes d’information et faciliter l’accès aux documents publics et ce, sans avoir à recourir à la loi sur l’accès à l’information.
Plusieurs citoyens, dont moi-même, également le journaliste de The Pulse, ont éprouvé des difficultés à obtenir des réponses ou des documents. Absence de réponse dans bien des cas.
Dans mon cas, certains documents demandés n’ont finalement été obtenus qu’à la suite d’une audience devant la Commission d’accès à l’information, 10 à 14 mois plus tard.
Une démocratie fondée sur la vérification
Les élus et l’administration travaillent au service des citoyens, qui financent les services municipaux et élisent leurs représentants.
La transparence ne consiste donc pas seulement à annoncer une décision. Elle consiste à pouvoir répondre à des questions simples :
Qui a pris la décision?
Sur quelles informations?
Pourquoi cette option plutôt qu’une autre?
Et où sont les documents qui permettent de le vérifier?
Je demande simplement que les citoyens disposent des informations nécessaires pour se faire eux-mêmes une opinion, plutôt que d’être traités comme s’ils n’avaient pas à comprendre ou à questionner les décisions qui sont prises en leur nom.
Alors, considérez-vous que notre administration municipale fait preuve de transparence?
Et surtout : quels faits, documents ou expériences vous amènent à cette conclusion?
La transparence municipale ne devrait pas reposer sur la confiance. Elle devrait permettre aux citoyens de vérifier.
Sur ce, bonne réflexion!