Voici, en résumé, où en est actuellement la situation.
Voici les extraits audios de la séance.
Frustration chez les citoyens comme chez les élus. Mme Gerrish déplore le climat de la rencontre et affirme que ce n’est pas « North Hatley », faisant référence au manque de respect de certains participants.
Une citoyenne demande s’il est encore possible de modifier le vote. Mme Gerrish répond qu’elle serait « flabbergastée » si les élus votaient contre le projet. Le message adressé aux élus semble donc difficilement équivoque.
Une citoyenne demande si la présence des citoyens à cette rencontre peut encore avoir une incidence sur la décision de démolir le bâtiment. La réponse est que le projet est en préparation depuis quatre ans. Selon Mme Gerrish, tout est maintenant en place et il ne reste qu’à voter pour autoriser le début des travaux.
Autrement dit, les citoyens présents à cette rencontre n’assistent pas à une discussion sur l’opportunité de démolir le bâtiment, mais essentiellement à l’étape finale visant à autoriser le début des travaux de démolition.
La subvention destinée à la construction couvrirait entre 3,17 et 4,47 millions de dollars. Toutefois, les citoyens ne savent pas quelle somme a réellement été accordée, puisque la municipalité a pour directive de ne pas en divulguer le montant.
Pour North Hatley, la contribution pourrait donc varier considérablement : de 4,078 millions moins 3,17 millions, soit environ 908 000 $, jusqu’à une prise en charge de 100 % des coûts admissibles, selon le montant réel de la subvention.
Mme Gerrish précise que, selon elle, cet immeuble ne pourra pas tenir encore longtemps et qu’en cas d’effondrement, il n’y aurait plus rien à faire. Elle souligne également que le gouvernement offre un financement et donne le feu vert au projet de reconstruction, posant la question : « Va-t-on dire non à cela? »
Selon Mme Gerrish, le bâtiment est situé en zone inondable et sur un terrain appartenant au gouvernement, ce qui empêcherait sa rénovation.
Les états financiers ne sont pas encore déposés. Pendant ce temps, la municipalité s’engage dans la construction d’un nouvel immeuble qui entraînera d’importants frais d’exploitation, alors qu’aucune autre municipalité ne participe financièrement au projet et que le montant de la subvention demeure inconnu.
Aucun plan d’exploitation détaillé n’a été présenté aux citoyens et très peu d’informations factuelles sont accessibles publiquement — pour ne pas dire aucune.
Est-ce que la bâtiment pourrait recevoir l’hôtel de ville? Mme Gerrish précise que non.
Mme Gerrish précise que cet immeuble sera « notre club citoyen » et que la municipalité souhaite prendre soin des enfants.
Il y aura donc au moins deux cuisines commerciales appartenant à la municipalité à North Hatley, et éventuellement trois, puisqu’une cuisine extérieure doit également être aménagée au marché champêtre dès la prochaine saison, si tout se déroule comme prévu.
Le Canton de Hatley a changé d’avis à la dernière minute concernant le renouvellement de l’entente intermunicipale de loisirs, alors qu’il avait initialement été question de ne pas la renouveler.
Aucune entente intermunicipale de loisirs avec le Canton de Hatley. Un immeuble de 4,1 millions de dollars destiné à environ 320 foyers, financé à même les impôts de l’ensemble des contribuables.
Cela représente un impact financier important pour North Hatley, qui devra désormais assumer les frais d’exploitation de ce nouvel immeuble. Si les salaires des sauveteurs représentent à eux seuls environ 65 000 $, la municipalité devra en assumer la totalité, sans compter les nombreux autres frais liés à l’exploitation du bâtiment.
North Hatley sera-t-elle en mesure de générer suffisamment de revenus pour couvrir les coûts d’exploitation de cet immeuble et éviter un déficit?
Pour répondre à cette question, il faudra notamment comparer les montants versés par le Canton de Hatley en 2026 aux revenus provenant des utilisateurs de la plage, puis soustraire l’ensemble des dépenses d’exploitation. C’est ce calcul qui permettra de connaître les résultats financiers réels.
Mme Gerrish précise que la population augmente et que le village compte aujourd’hui davantage d’enfants et de familles que jamais auparavant. Des citoyens soulignent toutefois que peu de jeunes familles ont les moyens de s’offrir une maison à North Hatley. J’ajouterais que très peu seront également en mesure d’assumer les taxes qui viennent avec une telle propriété.
Mme Gerrish reconnaît que la démolition de ce bâtiment est une décision inquiétante, soulignant du même coup l’importance de cet immeuble pour la communauté.
Mme Gerrish précise que le nouvel immeuble pourra servir de lieu de rassemblement pour assister aux présentations des voyages de Jean et Jane à travers le monde, ainsi que pour organiser des déjeuners de crêpes communautaires. Ce sont notamment ces activités qui justifient, selon elle, la construction du nouvel immeuble.
Mme Gerrish affirme que la municipalité accorde actuellement une attention particulière aux enfants. Elle souligne qu’ils sont nombreux dans la municipalité et que North Hatley souhaite également attir
Ma demande semble susciter de la frustration. Pourtant, il s’agit d’études et de documents payés par les citoyens, mais qui ne sont actuellement accessibles nulle part. La municipalité invoque les problèmes liés à son site web pour expliquer cette situation. Mais pourquoi ne pas avoir simplement imprimé ces documents et les avoir rendus disponibles à l’hôtel de ville?
Où sont les documents qui permettent de conclure que ce bâtiment doit absolument être démoli? Il semble que cette information existe déjà ou qu’elle sera rendue disponible prochainement. Selon Mme Gerrish, le site web désuet de la municipalité complique toutefois la diffusion de ces documents.
J’ai donc déposé une demande d’accès à l’information le 8 septembre, et je suis toujours en attente. Mme Gerrish indique que ma demande porte sur 12 documents.
Si vous avez manqué la consultation publique, mes recherches ne m’ont permis de trouver aucun de ces documents rendus publics par la suite. Pourtant, les élus répètent que ce dossier est à l’étude depuis quatre ans. Comment se fait-il qu’après tout ce temps, si peu de documents soient accessibles publiquement?
Les élus semblent par ailleurs frustrés par nos questions, rappelant qu’une consultation publique a eu lieu et que les documents y ont été présentés. Mais si rien n’est rendu accessible par la suite, que reste-t-il aux citoyens qui n’ont pas pu assister à cette consultation?
On en vient alors à une situation paradoxale : après quatre années de travail sur ce dossier, les citoyens qui souhaitent aujourd’hui comprendre les décisions prises semblent être tenus responsables de ne pas avoir participé à une consultation dont les documents ne sont toujours pas accessibles publiquement.
Pourquoi une réunion à moins de 24 heures d’avis, en pleine après-midi?
D’entrée de jeu, il est légitime de se questionner sur le choix de tenir une réunion portant sur un projet de plusieurs millions de dollars un jeudi après-midi, à 13 h 30, avec un délai de convocation de moins de 24 heures.
Que les intentions soient bonnes ou non, cette façon de procéder peut raisonnablement susciter des interrogations quant à la possibilité réelle pour les citoyens d’être présents et de participer à une décision aussi importante.
Une vingtaine de citoyens étaient présents et plusieurs ont exprimé leur mécontentement face à cette convocation de dernière minute, qui limitait nécessairement la possibilité pour plusieurs citoyens d’y assister.
Selon Mme Gerrish, cette réunion était nécessaire afin de respecter l’échéancier et de permettre de compléter les travaux à temps pour que la plage soit fonctionnelle dès l’été prochain.
On peut comprendre la volonté de respecter un échéancier. Toutefois, lorsqu’il est question d’un projet de plusieurs millions de dollars et de la démolition d’un bâtiment ayant une valeur historique pour la communauté, il est également légitime de se demander si les citoyens disposent de suffisamment de temps et d’information pour comprendre le projet et participer au processus décisionnel.
45 minutes de questions de citoyens inquiets
Les citoyens présents ont clairement exprimé leur mécontentement, leurs doutes et leur frustration face à l’annonce de la démolition du bâtiment.
Un citoyen, ingénieur de profession, a demandé à obtenir les documents ayant permis de conclure que le bâtiment devait être démoli. J’ai moi aussi demandé ces documents et, le 8 septembre dernier, j’ai dû faire une demande formelle d’accès à l’information. Pour l’instant, je n’ai reçu qu’une confirmation de réception de ma demande.
Une citoyenne a également exprimé le sentiment que cette réunion servait essentiellement à constater que les grandes décisions avaient déjà été prises et qu’il ne restait plus qu’à officialiser l’octroi du contrat.
Le bâtiment de Pleasant View sera démoli et reconstruit pour le début de la saison estivale 2027
Selon les communications de la municipalité, le bâtiment actuel de la plage Pleasant View sera démoli et remplacé par une nouvelle construction, avec l’objectif que les travaux soient complétés pour la saison estivale 2027.
Le bâtiment est-il classé comme bâtiment patrimonial?
Le bâtiment possède une valeur historique reconnue, mais il n’est pas classé comme immeuble patrimonial en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel.
Selon le communiqué de la municipalité :
« Le ministère de la Culture et des Communications a reconnu l’intérêt historique du bâtiment tout en concluant qu’il ne répondait pas aux critères de classement prévus à la Loi sur le patrimoine culturel. Une fiche d’information détaillée accompagne le présent communiqué. »
Cette distinction est importante. Le fait qu’un bâtiment ne soit pas officiellement classé comme immeuble patrimonial ne signifie pas pour autant qu’il est dépourvu de valeur historique ou culturelle pour la communauté.
Le projet est passé d’une rénovation de 1,6 million $ à une construction de 4,1 millions $
Le projet est passé d’une possibilité de rénovation évaluée à 1,6 million de dollars à une nouvelle construction évaluée à environ 4,1 millions de dollars.
Le bâtiment est situé en zone inondable et sur un terrain appartenant au gouvernement, ce qui empêcherait la rénovation du bâtiment. À cela s’ajoutent une étude structurale, une grille de 11 critères et un comité de démolition composé de trois élus, qui ont permis de conclure qu’il était impossible de rénover.
Références :
https://www.northhatley.org/wp-content/uploads/2024/10/PV-2024-10-07.pdf
https://northhatley.info/2026/08/31/4-078-000-pour-le-nouveau-batiment-de-pleasant-view-quels-bons-voisins-assumeront-les-frais-avec-north-hatley/
Un nouveau bâtiment construit 15 mètres plus loin que le bâtiment actuel
Drôlement, si le nouveau bâtiment peut être construit 15 mètres plus loin que le bâtiment actuel, ne pourrait-on pas déplacer le bâtiment actuel de 15 mètres, comme le nouveau bâtiment, pour ensuite être autorisé à le rénover?
Le PRACIM est un programme qui permet notamment de soutenir la rénovation et la construction de bâtiments communautaires.
Cette question mérite donc d’être posée : a-t-on réellement étudié la possibilité de déplacer le bâtiment existant avant de conclure qu’il devait nécessairement être démoli?
Peut-on empêcher la démolition?
À ce stade-ci, il est très peu probable que la démolition ne se réalise pas. Cependant, il manque encore beaucoup d’information et de documents permettant de démontrer clairement la nécessité de démolir et de reconstruire.
Pour l’instant, selon moi, les citoyens ont principalement des communications et des explications données par la municipalité. D’ailleurs, c’est très similaire au dossier de la patinoire, de la rénovation de l’hôtel de ville et de la mise en place de la station de lavage d’embarcations.
Il reste donc à obtenir les études, les rapports, la grille de 11 critères, le certificat de d’autorisation de démolition, le montant et conditions détaillées de la subvention du PRACIM, le budget d’opération et les autres documents ayant permis aux élus de conclure que la démolition et la reconstruction étaient nécessaires.
Avant de démolir un bâtiment qui fait partie de l’histoire de North Hatley, il me semble raisonnable que les citoyens puissent avoir accès à l’ensemble des documents ayant mené à cette décision.
La décision appartient-elle réellement aux citoyens?
Après tout, dans mon livre à moi, les élus sont là pour servir les citoyens. Ce sont des « public servants », et leur rôle est notamment de prendre des décisions au nom de la communauté. Bien honnêtement, j’ai l’impression qu’on bâti le champ de rêve et que l’on espère ensuite que les gens vont venir apprécier.
Mais une question demeure sans réponse : les citoyens de North Hatley veulent-ils réellement démolir le bâtiment actuel de Pleasant View?
Pour ma part, je n’ai vu aucun sondage formel permettant de mesurer clairement l’opinion de l’ensemble de la population sur cette question. Pourtant, plusieurs sondages ont été réalisés dans le cadre du plan directeur.
Oui, il y a eu des consultations publiques et des citoyens ont pu s’exprimer au cours du processus il y a quelques années déjà. Mais une consultation publique n’est pas nécessairement la même chose qu’un sondage formel réalisé auprès de l’ensemble des citoyens afin de connaître leur position sur une question précise.
Alors, avant de faire disparaître un bâtiment qui possède une valeur historique reconnue et avant d’engager un projet de plus de 4 millions de dollars, ne serait-il pas pertinent de savoir clairement ce que souhaite la population? C’est elle qui paie les taxes et les impôts qui servent notamment à financer ce projet.
Les citoyens veulent-ils réellement la démolition du bâtiment de Pleasant View, ou auraient-ils préféré qu’une solution permettant de le conserver soit davantage étudiée?
C’est une question qui, à mon avis, mérite d’être posée malgré l’état actuel du dossier.
Un projet de 4,078 millions $ avec une subvention dont le montant demeure inconnu du public
La démolition de l’immeuble historique et sa reconstruction soulèvent plusieurs questions.
Le contrat autorisé s’élève à 4,078 millions de dollars. Le projet bénéficie d’une aide financière du programme PRACIM provenant du gouvernement du Québec.
Cependant, selon les explications données lors de la rencontre, le montant exact de cette aide financière n’a pas encore été communiqué publiquement. Ce serait la manière de procéder du ministère.
Cela signifie qu’au moment où le conseil autorise un contrat de plus de quatre millions de dollars, les citoyens ne disposent toujours pas de l’ensemble des informations financières permettant de mesurer le coût réel du projet pour la municipalité.
Des états financiers audités toujours non déposés au MAMH : en retard depuis le 30 juin
Depuis trois années consécutives, les états financiers audités du village de North Hatley sont remis en retard. On peut comparer ces rapports à notre déclaration de revenus : ils permettent notamment de comprendre la situation financière de la municipalité.
Cette situation est préoccupante, puisque les citoyens ne disposent pas d’une information financière à jour leur permettant de connaître l’état des finances publiques avant de prendre position sur l’autorisation de nouveaux projets et investissements. Et malgré cela, les citoyens se retrouvent essentiellement à assister à des décisions des élus qui semblent déjà avoir été prises en amont.
Même si la construction d’un nouveau bâtiment est subventionnée à 100 %, il faut tout de même disposer des ressources financières nécessaires pour l’exploiter, l’entretenir, le chauffer, l’assurer et en assumer les coûts année après année.
Où est le plan et le budget d’exploitation du nouveau bâtiment?
À la différence de la patinoire, dont l’exploitation peut notamment bénéficier d’un don privé, l’exploitation du bâtiment de Pleasant View devra être assumée à long terme par la municipalité, en fonction de ses revenus et de ses ressources financières.
Les dons, c’est bien et ils peuvent certainement contribuer à financer certains projets. Mais, selon moi, ils ne devraient pas constituer la base d’un modèle de saine gestion municipale à long terme, sans compter que cela peut éventuellement créer de mauvaises habitudes de gestion et donner l’impression que certaines dépenses peuvent être engagées en comptant sur des contributions externes.
Pour ma part, je préfère apprendre à pêcher plutôt que de me faire donner du poisson.
Les élus rappellent que le projet chemine depuis plus de quatre ans
Les élus répètent que le projet est connu puisqu’il chemine depuis plusieurs années.
Le projet ne commence effectivement pas aujourd’hui. Les documents municipaux démontrent notamment qu’une demande d’aide financière au PRACIM avait initialement été déposée en mai 2023 pour la rénovation du bâtiment Pleasant View. Le dossier a ensuite évolué à la suite des études et démarches réalisées en 2023 et 2024. (Village de North Hatley)
Mais une question demeure :
Combien de citoyens connaissent réellement l’évolution du dossier et ont eu accès aux documents permettant de comprendre les choix effectués?
Après plusieurs années, il est facile pour un citoyen de perdre le fil d’un dossier, particulièrement lorsque les communications publiques sont espacées et que les documents sont difficiles à retrouver.
Pour ma part, j’ai cherché les documents disponibles concernant les études structurales, la grille des 11 critères ainsi que le certificat d’autorisation de démolition du 2070, chemin du Lac, sans parvenir à les retrouver. J’ai donc fait une demande formelle d’accès à l’information.
Rappelez-vous que mes trois dernières demandes ont pris plus de 10 mois à être traitées et m’ont obligé à saisir la Commission d’accès à l’information, un tribunal administratif. Fait révélateur, dans les trois cas, j’ai reçu les documents demandés le jour même ou le lendemain de mon recours.
References :
https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2177546/north-hatley-acces-information-transparence
https://northhatley.info/2025/10/17/acces-a-un-contrat-public-a-north-hatley-15-mois-et-1-000-plus-tard/
« Qu’est-ce qui peut empêcher la démolition? »
Une citoyenne a posé une question particulièrement intéressante lors de la rencontre : « Qu’est-ce qui peut empêcher la démolition? »
La réponse donnée était que le conseil municipal pouvait encore intervenir par son vote.
Le contrat de démolition et de construction a finalement été autorisé à l’unanimité, mairesse comprise, à la suite de la période de questions des citoyens.
Pour les citoyens présents, la rencontre pouvait donc donner l’impression que la question n’était plus réellement de savoir si le projet allait de l’avant, mais plutôt de procéder aux dernières étapes nécessaires à sa réalisation.
Malheureusement, les citoyens se retrouvent une fois de plus témoins de décisions importantes prises par les élus, malgré les réserves, les inquiétudes et l’inconfort exprimés à l’égard de cette décision.
Pourquoi démolir plutôt que rénover?
C’est probablement l’une des questions centrales de ce dossier.
Et où sont les documents municipaux permettant de mieux comprendre l’évolution de la situation?
Dans le procès-verbal du 7 octobre 2024, la municipalité indique qu’elle avait initialement déposé une demande au PRACIM pour la rénovation du bâtiment Pleasant View, dont les coûts étaient alors estimés à environ 1,596 million de dollars. (Village de North Hatley)
Le même procès-verbal indique ensuite que :
- en janvier 2024, la MRC a signalé que le bâtiment pouvait se trouver dans une zone de contrainte;
- une étude géotechnique et un relevé d’arpentage ont été réalisés;
- le relevé a confirmé que le bâtiment se trouvait dans une zone de contrainte;
- une analyse structurale du bâtiment actuel a ensuite été réalisée;
- en août 2024, cette analyse aurait confirmé la fragilité de la structure;
- selon la municipalité, l’étude structurale aurait conclu que la structure ne pouvait pas supporter un déplacement;
- la municipalité a alors conclu qu’il fallait procéder à une démolition pour reconstruire. (Village de North Hatley)
Le procès-verbal précise également que le bâtiment se situe dans des zones de contraintes et que le projet n’était pas admissible au REAFIE puisque le bâtiment pouvait être déplacé afin de le retirer de ces zones. La municipalité indique ensuite que l’étude structurale démontrait que le bâtiment ne pouvait pas supporter un déplacement. (Village de North Hatley)
Il est donc important de distinguer deux questions :
1. Le bâtiment est-il situé dans une zone de contraintes liées aux inondations?
Selon Mme Gerrish, oui. De plus, Selon la mairesse, une partie du terrain sur lequel l’immeuble est situé appartient au gouvernement.
2. Est-il pour autant impossible de rénover le bâtiment?
Cette question mérite d’être documentée beaucoup plus précisément. La question n’est pas simplement de savoir si le bâtiment est en zone inondable. Il faut savoir quels travaux de rénovation ont été étudiés, quelles contraintes réglementaires s’appliquent précisément au bâtiment et quelles solutions ont été analysées avant de conclure qu’une démolition et une reconstruction étaient nécessaires.
Une autre question demeure également : le bâtiment devait-il nécessairement être déplacé pour respecter les règles applicables, et l’impossibilité technique de le déplacer est-elle réellement la raison qui rend la rénovation impossible?
Les études complètes, toujours indisponibles au public, permettront aux citoyens de comprendre cette conclusion. Par contre, la démolition et la reconstruction est déjà en route.
Le procès-verbal du 7 octobre 2024 indique également que le comité de démolition s’était positionné en faveur de la démolition « à la lumière des études et rapports d’experts » et que des oppositions à cette décision avaient été reçues. (Village de North Hatley)
Ces études et rapports doivent donc pouvoir être consultés facilement par les citoyens.
Actuellement, ce n’est pas le cas. Et, j’ai bien l’impression qu’il est trop tard pour inverser le processus si tel est l’avis de la population.
Le bâtiment est-il patrimonial?
Autre élément important : il faut distinguer « bâtiment historique », « intérêt patrimonial » et « immeuble classé en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel ».
Selon le communiqué du ministère de la Culture et des Communications cité par la municipalité, le Ministère reconnaît l’intérêt historique du bâtiment, tout en indiquant qu’il ne répond pas aux critères permettant son classement en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel.
Autrement dit, le fait que le bâtiment ne soit pas classé ne signifie pas pour autant qu’il n’a aucune valeur historique ou patrimoniale.
Et c’est justement ce qui rend la question de sa démolition particulièrement importante pour plusieurs citoyens.
Des documents importants toujours difficiles à obtenir
J’ai demandé à consulter la documentation liée à l’étude structurale ainsi que la grille des 11 critères ayant servi à l’analyse du projet.
En espérant que le délai sera plus court que pour mes trois dernières demandes, qui ont nécessité plus de 10 mois d’attente et un passage devant la Commission d’accès à l’information, un tribunal administratif qui permet notamment aux citoyens de faire valoir leur droit d’accès aux documents publics.
D’ailleurs, dans tous mes dossiers précédents avec le Village devant la Commission, les documents m’ont été remis le jour même de mon audience devant celle-ci.
Espérons donc que, cette fois-ci, l’accès aux documents sera plus simple et plus rapide.
J’ai également demandé :
- le certificat d’autorisation de démolition du 2070, chemin du Lac;
- les études structurales et rapports d’experts;
- la grille complète des 11 critères;
- le montant et les conditions détaillées de l’aide financière du PRACIM;
- le budget d’exploitation projeté du nouveau bâtiment.
Il semblerait, selon la mairesse, que la grille des 11 critères ait été élaborée par les élus eux-mêmes. Selon Mme Gerrish et M. Tremblay, certains de ces documents auraient été rendus publics il y a environ deux ans.
Or, malgré mes recherches, je n’ai pas été en mesure de les retrouver.
Mme Gerrish a d’ailleurs reconnu que le site Web de la municipalité n’était pas particulièrement efficace pour retrouver certains documents.
Si ces documents sont publics, pourquoi sont-ils si difficiles à retrouver?
À défaut d’une plateforme numérique efficace, il serait pourtant possible de rendre ces documents disponibles physiquement à l’hôtel de ville afin que les citoyens puissent les consulter.
Selon moi, un site web dysfonctionnel ne peut, à lui seul, justifier l’absence de documents nécessaires pour autoriser la démolition d’un bâtiment historique.
Pour ma part, j’ai officiellement demandé accès à ces documents le 8 septembre dernier. À ce jour, je suis toujours dans l’attente des documents demandés.
Cette situation est d’autant plus importante lorsque les documents en question permettent de comprendre les fondements d’une décision qui entraînera la disparition d’un bâtiment historique rempli de souvenirs pour plusieurs générations de citoyens.
Combien de tonnes de déchets cela fera-t-il?
Une autre question mérite d’être posée : quelle sera l’empreinte environnementale de cette démolition?
Un bâtiment sera démoli, transporté et remplacé par une nouvelle construction. Cela signifie nécessairement des matériaux à gérer, transporter et éliminer ou valoriser.
Si les estimations d’une centaine de tonnes de matériaux sont exactes, il serait pertinent de connaître précisément le volume prévu, la nature des matériaux, leur destination ainsi que la proportion qui pourra être récupérée ou valorisée.
Référence :
pour une maison unifamiliale normale :
2 000 pi² (186 m²) : environ 60 à 100 tonnes de déchets
1 000 pi² (93 m²) : environ 30 à 50 tonnes de déchets
1 500 pi² (140 m²) : environ 45 à 75 tonnes de déchets
En 2026, alors que la municipalité met de l’avant l’idée d’un village durable et respectueux de l’environnement, il me semble légitime de demander quelles mesures seront prises pour limiter les déchets et l’empreinte environnementale liés à cette démolition.
Référence :
https://www.northhatley.org/fr/comite-du-plan-directeur/

La vraie question : quelles solutions ont réellement été étudiées?
Je ne prétends pas, à ce stade, que la rénovation était techniquement ou légalement possible.
Je dis plutôt qu’avant d’accepter la disparition d’un bâtiment historique, d’envoyer potentiellement une centaine de tonnes de déchets au dépotoir et d’engager une dépense de 4,078 millions de dollars financée par les contribuables, les citoyens devraient pouvoir consulter les documents qui permettent de comprendre pourquoi cette option a été retenue. Mieux encore, un sondage sen bon et due forme auprès des citoyens aurait du être réalisé pour valider formellement cette décision.
Les questions sont simples :
- Quel type de rénovation a été étudié?
- Quels travaux étaient considérés comme possibles ou impossibles?
- Quelle est la classification exacte de la zone de contraintes applicable au bâtiment?
- Quelles dispositions réglementaires s’appliquent précisément à cet immeuble?
- Quelles solutions de rénovation ou de mise aux normes ont été évaluées?
- Pourquoi ces solutions ont-elles été écartées?
- Quels sont les coûts comparatifs entre une rénovation, une mise aux normes, un déplacement du bâtiment et une reconstruction complète?
Voilà les informations qui permettraient aux citoyens de comprendre la profondeur des analyses réalisées.
L’objectif n’est pas de s’opposer systématiquement à un projet.
L’objectif est de pouvoir comprendre sur quelles études, quelles données, quelles contraintes réglementaires et quels critères une décision de plusieurs millions de dollars a été fondée.
Et surtout, lorsqu’il est question de faire disparaître un bâtiment qui fait partie de l’histoire de North Hatley, il me semble raisonnable de vouloir s’assurer que sa démolition est réellement nécessaire — et non simplement qu’elle constitue la solution la plus simple à mettre en œuvre.
Une subvention peut rendre un projet financièrement possible. Elle ne devrait toutefois pas faire disparaître la nécessité de poser les bonnes questions.
Le procès-verbal de 2024 indique explicitement que la demande PRACIM initiale concernait la rénovation, avec une estimation de 1,596 million de dollars, avant que les études ne conduisent à la solution de démolition et de reconstruction. C’est un élément important à mettre de l’avant, puisqu’il permet de demander les études comparatives et la justification du changement de scénario plutôt que d’affirmer simplement que « la rénovation est impossible ». (Village de North Hatley)
Ma question finale est donc la suivante :
Si la réglementation et les contraintes du site permettent de construire un tout nouveau bâtiment à 15 mètres de l’emplacement actuel, pourquoi ne serait-il pas possible d’envisager de déplacer le bâtiment existant de 15 mètres afin de le préserver et de le rénover?