Avant tout, quel est l’objectif collectif à North Hatley concernant la dette :

  • Accélérer le remboursement de la dette afin de réduire les taxes (ex. cesser de payer 0,21 $ par 100 $ d’évaluation au service de la dette)?
  • Investir et prendre un certain risque dans des projets susceptibles de générer des revenus futurs?

En théorie, on peut tout faire. En pratique, un budget serré exige de faire des choix.


Un repère concret à travers un exemple du quotidien

Vous avez une hypothèque à faible taux (1,89 %) qui vient à échéance en décembre 2025 et renouvellerait autour de 4 %. Votre budget couvre tout juste les charges (alimentation, énergie, entretien, taxes, carburant, réparations). Il vous reste tout juste de quoi financer un voyage par an.
Vos options :

  1. Travailler davantage (soir/week-end) pour maintenir le même niveau de vie;
  2. Couper le voyage annuel;
  3. Emprunter plus (hausser l’hypothèque);
  4. Combiner ces leviers;
  5. Rares coups de pouce : subvention ou don dans le cas d’une personne physique.

Les leviers municipaux

Le diaporama du 16 septembre 2025 mentionne de sources de revenus autres (que les taxes foncières), des subventions et des dons privés. Concrètement, la municipalité dispose de :

1) Augmenter les revenus

  • Contrats de service : p. ex. déneigement de la route 108.
  • Autres services marchands : p. ex. location de quais.

2) Aller chercher des subventions

Devenu une nécessité, mais demande du temps, de la rigueur et présente de l’incertitude.

3) Recevoir des dons privés

Utile, mais souvent assortis de conditions (patinoire réfrigérée, plan directeur, etc.).

4) Réduire les dépenses

Contrôler les dépenses, serrer la politique d’achats et d’investissements.

5) S’endetter à nouveau

Utile si le rendement net du projet dépasse le coût de la dette — et si la capacité d’exécution est au rendez-vous.


Dans quelle situation sommes-nous?

  1. Urgence de trésorerie
    Difficulté à couvrir capital + intérêts? → Couper les coûts non essentiels et renégocier taux/échéanciers.
  2. Coût de la dette vs rendement attendu
    Si la dette coûte 5 % et qu’un projet rapporte > 5 % net (risques et OPEX inclus), la croissance des revenus se défend; sinon, priorité aux économies.
  3. Structurer les coûts
    Éliminer le gaspillage et les « extras » avant de toucher aux services qui génèrent des revenus ou évitent des coûts futurs.
  4. Horizon de temps
    • 0–12 mois : économies rapides, gel d’achats majeurs, bonnes pratiques d’approvisionnement, gel/ralentissement d’embauche, renégociation de contrats.
    • 18–36 mois : projets élargissant la base de revenus (tarification fine, nouveaux services, partenariats).
  5. Capacité d’exécution & risques
    Augmenter les revenus prend du temps et comporte de l’incertitude; des coupes mal ciblées peuvent miner les services… et les recettes.

Règle pratique

  • Pression de trésorerie? → d’abord coupes ciblées, optimisations et renégociations.
  • Occasion d’investissement > coût de la dette? → investir peut être pertinent, mais avec transparence, gestion des risques et maîtrise des coûts récurrents.

Exemple : le déneigement de la route 108

Un procès-verbal du 12 avril 2021 affirme que le déneigement de la 108 est « généralement rentable » et annonce un rapport de déneigement à la séance suivante. Trois opérateurs sont formés.
Pour ma part, aucun rapport formel retracé depuis.

Financer des camions pour « couvrir nos frais »

Acheter des camions aujourd’hui coûte. Au taux moyen de 5,7 %, sur un solde de 3 981 833 $, l’intérêt annuel s’élève à 226 964 $. Idéalement, il faut bien s’assurer de faire une bonne analyse de coûts-bénéfices avant de procéder.

3 981 833 $ × 0,057 = 226 964,48 $


Investir ou réduire, la décision s’impose

Oui, on peut reporter une partie de la dette pour acquérir des camions et générer de nouveaux revenus. Mais cela décale la baisse de la dette… et des taxes des citoyennes et citoyens. Bon ou mauvais, tout dépend ce que les citoyens veulent. Certes, c’est essentiellement ce qui s’est produit entre 2023 et 2024 (rappelé dans les infolettres des 6 septembre et 1er octobre 2025).


Le problème, c’est le message envoyé aux citoyens

Extrait de l’infolettre du 6 septembre 2025 (Mme Davis-Gerrish) : promesse de sortie de crise, réduction de la dette et objectif d’élimination en cinq ans; ensuite, utiliser les excédents pour améliorer les services et/ou réduire les taxes.

Je cite Mme Davis-Gerrish dans son bulletin « entre nous » du 6 septembre 2025

Nous sortons enfin de la crise financière qui menaçait notre existence même. Une trop grande partie de nos recettes annuelles était consacrée au service de la dette, ce qui compliquait nos espoirs de réduction de la taxe et d’avenir stable.

J’espère que vous vous joindrez à moi pour féliciter le conseil municipal et l’équipe administrative d’avoir pris des mesures importantes pour transformer notre situation financière. Nous avons dû renverser les déficits qui ont conduit à notre endettement, puis réduire la dette elle-même. Ces chiffres en témoignent.

L’évolution de la dette municipale

Attention, ici on ne parle pas de la dette nette qui inclut les actifs et les passifs.

Graphique : Évolution du résiduel de la dette et des intérêts sur la dette.



Évolution de la dette (2019→2024) :

Graphique : évolution de l’encours de la dette, des intérêts et du remboursement du capital.
AnnéeSolde débutSolde finRemboursement de capital (annuel)Intérêt (annuel, 5,7%)
20196 909 760 $0 $0 $
20206 909 760 $6 235 162 $674 598 $374 630 $
20216 235 162 $5 494 778 $740 384 $334 303 $
20225 494 778 $4 726 395 $768 383 $291 303 $
20234 726 395 $4 043 170 $683 225 $249 933 $
20244 043 170 $3 981 833 $61 337 $228 713 $
Total2 927 927 $1 478 882 $

Tableau représentant l’évolution du solde de la dette, du capital remboursé et des intérêts cumulés.

Chiffre présenté par Mme Davis-Gerrish le 6 septembre 2025.

  • 2019 : 6 909 760 $
  • 2020 : 6 235 162 $
  • 2021 : 5 494 778 $
  • 2022 : 4 726 395 $
  • 2023 : 4 043 170 $
  • 2024 : 3 981 833 $baisse nette : 61 337 $ (4 043 170 − 3 981 833)

Infolettre du 1er octobre 2025 :

  • Remboursement du capital 2024 : 736 000 $ (page 26, ligne 13 des états financiers);
    N’oubliez pas que les rapports n’étaient pas encore publiés et rendus public à ce moment.
  • Nouvelle dette 2024 : 665 000 $ pour deux camions de déneigement;
  • D’où la diminution nette limitée (≈ 61 000 $).

Des enjeux éthiques et non financiers

L’enjeu ce n’est pas tant l’absence de remboursement qui choque, mais le sous-entendu qu’on rembourse significativement — alors que l’effet net 2024 reste minime —, communiqué dans une infolettre municipale à 13 jours du déclenchement des élections. En plus, on a mis en demeure par huissier un citoyen ayant posé des questions sur le sujet.

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