Les contrats publics finissent beaucoup trop souvent en fiasco : dépassements de coûts, délais qui s’étirent, résultats décevants. Un article de La Presse publié ce dimanche 30 novembre 2025 le rappelle crûment : sans compétences solides dans administration publique pour ces projets, les erreurs ne sont pas l’exception — elles deviennent la norme.
A-t-on l’expertise de gestion pour mener ces projets à terme?
L’article met aussi en lumière une réalité que l’on préfère souvent ignorer : derrière chaque grand projet public réussi se cache un élément déterminant trop souvent bâclé — la qualité de l’appel d’offres.
À North Hatley, deux questions s’imposent :
- Avons-nous l’expertise pour rédiger des appels d’offres solides?
- Sommes-nous capables de suivre et gérer ces contrats une fois signés?
Le risque augmente encore lorsque plusieurs projets majeurs sont lancés simultanément.
Quand l’inexpérience mène aux dérapages
Dans les administrations municipales, provinciales et fédérales, le manque de maîtrise des appels d’offres est loin d’être rare. Dès qu’un projet devient complexe ou technique, les dérapages s’accumulent. Pas besoin d’un doctorat pour le constater : North Volth, ArriveCan, SaaQlic… la liste parle d’elle-même.
L’argent public rend-il les responsables moins imputables?
Je ne suis pas spécialiste des contrats publics, mais un fait saute aux yeux : l’absence d’expertise mène à des contrats mal conçus, à des factures qui explosent, et à de beaux « savons » pour les municipalités.
Dans le privé, on tremble davantage : c’est son propre argent. La gestion y est souvent plus serrée et les gestionnaires inefficaces y sont remplacés rapidement. Dans le public, ce réflexe semble beaucoup plus rare. En général, on s’excuse après coup.
La préparation : l’étape que trop de municipalités négligent
L’experte Maude Brunet rappelle dans La Presse une règle fondamentale : avant d’agir, il faut se comparer. Cela implique :
- analyser ce qui s’est fait ailleurs;
- étudier des projets similaires;
- décortiquer coûts et échéanciers;
- éviter les décisions basées sur l’intuition, l’euphorie… ou l’ego.
Quand les élus deviennent promoteurs : un danger pour l’intérêt collectif
D’après moi, ce piège menace particulièrement les petites municipalités : lorsque l’administration devient elle-même promotrice du projet. L’exemple de North Volth est révélateur : le projet est passé sous le seuil déclenchant une étude du BAPE. Lorsque les élus deviennent vendeurs de projet, ils ne représentent plus la population. Les émotions prennent le dessus puisqu’ils défendent leurs idées, leur image, et parfois leurs réseaux. C’est là que le projet dérape : décisions biaisées, pression du cercle rapproché, dérives émotionnelles.
Les conditions essentielles pour réduire les risques de fiasco
Pour éviter ces dérives, il n’existe pas de magie : seulement du sérieux.
– des projets réellement étudiés et clairement définis;
– des budgets de construction et d’exploitation basés sur des comparables crédibles;
– des échéanciers réalistes;
– une information transparente et accessible à la population, avant et pendant le projet.
À mon avis, c’est la seule façon d’obtenir une véritable acceptabilité sociale et d’éviter des projets ratés.
North Hatley a-t-elle l’expertise et la rigueur nécessaires?
À North Hatley, malgré les annonces en séance publique, plusieurs questions essentielles restent sans réponse. À ce jour, aucune étude détaillée, aucun budget complet n’a été présenté pour les grands projets annoncés. Je parle ici du nouveau bâtiment de la plage PV et de la patinoire réfrigérée. Cela m’incite à soulever des questions fondamentales :
- Quelle expertise interne est réellement mobilisée?
- Si elle n’existe pas : qui rédige les appels d’offres?
- Sur quelles bases choisit-on les fournisseurs?
- Qui protège l’intérêt public si nos élus agissent comme les promoteurs?
Et pour les citoyens, rien ne permet de comprendre clairement :
– pourquoi l’actuel bâtiment du PV devrait être démoli (analyses et résultats);
– quels sont les plans du nouveau bâtiment du PV (coût de construction, coûts d’exploitation, plan d’exploitation);
– les mêmes questions se posent quant au projet de patinoire réfrigérée.
Sans participation citoyenne, la démocratie municipale s’affaiblit
Peu de citoyens assistent aux séances du conseil et d’après ma lecture, personne ne lit les procès-verbaux. La preuve est faite puisqu’ils ne sont pas disponibles avant plusieurs semaines voir plusieurs mois. Alors imaginer que la population de North Hatley va avoir accès à consulter des documents de projets majeurs, est-ce Illusoire
L’absence de documents de base : un problème sérieux
On nous parle de projets, mais on ne nous montre pas :
- les plans;
- les études;
- les chiffres;
- les fondations qui orientent les décisions.
En l’absence de transparence et d’une expertise solide dès le départ, le danger va bien au-delà des coûts pour les citoyens : il fragilise la confiance envers nos institutions et augmente les chances de projets mal préparés et mal exécutés menant à des fiascos.
Le rôle d’un conseil municipal : défendre le bien commun
Il ne faut jamais oublier que les citoyens élisent un conseil pour défendre leurs intérêts collectifs — pas pour servir des ambitions personnelles.
Sur ce, bonne réflexion!