Seulement quatre citoyens ont assisté à la présentation du budget 2026 de North Hatley, malgré l’importance de cet exercice. L’horaire, peu adapté aux travailleurs, soulève des questions sur l’accessibilité et la participation citoyenne. La séance s’est néanmoins déroulée dans un climat ouvert et interactif, permettant de poser de nombreuses questions.

Les principaux constats :

Un budget globalement clair, mais plusieurs enjeux majeurs demeurent quant à la transparence, à l’impact réel pour les citoyens et à la capacité financière future de la municipalité.

Mon inquiétude demeure dans le possible déséquilibre entre ambitions des élus et la capacité de la municipalité.


Détails de cette rencontre de budgets 2026

Permettez-moi d’adopter un regard critique — cette fois-ci à l’endroit des citoyens et citoyennes de North Hatley. Seulement quatre citoyens ont assisté à la présentation du budget, alors qu’il s’agit, à mon sens, de la rencontre municipale la plus importante de l’année. Par contre, l’horaire retenu est peu compatible avec la réalité des travailleurs et des parents. Cela dit, rappelons que 33 % de la population de North Hatley est âgée de 65 ans et plus. J’aurais espéré voir plus de gens questionner les finances… L’achalandage témoigne de lui-même. Malgré que c’est peut-être aussi lié au manque d’intérêt ou de connaissances pour la finance publique.

Cela m’amène néanmoins à me poser une question : quelle est la réalité professionnelle des conseillers et conseillères pour être disponibles à 16 h un mercredi? Retraite, horaires flexibles, sans emploi… des conditions dont peu de citoyens disposent.


Présence et implication des élus

L’ensemble des conseillers et conseillères était présent et, de manière générale, attentif. Petite remarque toutefois : on devrait inviter les conseillers à éviter de consulter leur téléphone durant une réunion du conseil. Or, une conseillère était visiblement occupée sur son cellulaire durant la séance.

Il s’agit bien sûr d’une impression personnelle, mais les personnes véritablement engagées dans les échanges et démontrant une réelle maîtrise du dossier budgétaire semblaient être M. Pelletier, M. Tremblay, M. Simoneau et Mme Gerrish. Du côté des autres élus, les regards fuyants donnaient l’impression d’une implication ou d’une compréhension limitée. Sans rancune, mais considérant l’importance et la complexité du sujet, je doute que tous maîtrisent les budgets sur le bout des doigts. Ils ont laissé les personnes en charge faire leur travail.

Je tiens toutefois à souligner l’attitude de M. Simoneau, qui prenait le temps de répondre aux questions et n’hésitait pas à préciser lorsqu’il ne disposait pas de l’information. Cette transparence mérite d’être saluée.


Déroulement de la présentation

La présentation du budget a été brève, mais globalement claire. Il est fort probable qu’un résumé de cette rencontre soit diffusé rapidement via le bulletin municipal — ce qui serait à saluer.

Grâce à la très faible participation citoyenne, j’ai pu poser un grand nombre de questions. Je remercie d’ailleurs les élus et les employés pour leur flexibilité : plutôt que de limiter les questions à la toute fin, ils ont permis des échanges tout au long de la présentation. Le tout s’est déroulé dans un climat interactif et constructif.

Voici maintenant mes principaux constats concernant le budget 2026. Le tout selon ma compréhension.


Constats sur le budget 2026


Bâtiment de la plage Pleasant View

Qu’arrive-t-il en cas de dépassement de coûts? La subvention accordée pour ce projet s’élève à 3 000 000 $. En cas de dépassement de coûts, selon M. Tremblay, cela ne devrait tout simplement pas se produire. Le contrat sera accordé au plus bas soumissionnaire, et l’entrepreneur sera tenu contractuellement de respecter le budget établi. J’avoue toutefois demeurer sceptique : il est difficile de croire que North Hatley réussira là où, en matière de construction, bien peu parviennent à respecter les budgets initiaux — du moins depuis que je suis né. Le diable est dans les détails d’un contrat clé en main.

Évidemment, on peut se demander si une rénovation n’aurait pas été à la fois moins coûteuse et surtout moins polluante.


Patinoire

Qu’arrive-t-il en cas de dépassement de coûts? Mme Gerrish a précisé que le don prévu pour la patinoire s’élève à 2 000 000 $. En cas de dépassement de coûts, ceux-ci seront entièrement assumés par la famille Pollock. Et ce, peu importe le dépassement. J’en conclus donc que, quoi qu’il arrive, la municipalité de North Hatley ne paiera rien pour la construction de la patinoire.

De plus, selon ma compréhension, les frais d’exploitation — entretien, réparations, gestion des accès, comptabilité, etc. — seront couverts à perpétuité par un fonds dédié. Même si la municipalité devait y contribuer minimalement, cela demeurerait une source de fierté collective. Sur ce point, le bilan est clairement positif.

Heureusement, car je crois vraiment que la construction va dépasser et les coûts d’exploitation seront assez importants pour un petit village comme North Hatley qui comme on dit « n’a pas une cenne ».

Certes, j’ai bien hâte de voir un plan d’exploitation de cette patinoire!


Frais d’administration 2026

Les frais d’administration atteindront environ 20 % du budget total, soit près de ~936 000 $ (870 423$ au budget de 2025) sur un budget de revenus global de ~4 500 000 $. Attention, lors du conflit avec M. Reed, on évoquait plutôt un ratio de 26 % sur le budget de dépenses, puisqu’il excluait le remboursement de la dette des dépenses. En appliquant la même logique aujourd’hui, on se se retrouvera probablement tout près de ~26 %.


Augmentation des taxes foncières (moins de 3 %)

Selon M. Pelletier, l’augmentation de taxes annoncée est de moins de 3 %. J’ai toutefois demandé si ce pourcentage tenait compte de la hausse des valeurs foncières. La réponse est non : ces hausses échappent au contrôle de la municipalité, qui devra ajuster ses taux de taxation en conséquence. Les hausses des valeurs foncières arrivent en septembre de chaque année. À surveiller prochainement.

Je vous invite à consulter l‘évolution des taxes foncières de 2022 à 2025.


Valeurs foncières moyennes : un portrait biaisé

Les valeurs foncières moyennes présentées au budget incluent à nouveau tous les types d’immeubles, ce qui fait artificiellement baisser la moyenne des valeurs à environ ~515 000 $ pour 2026. En recalculant uniquement pour les résidences unifamiliales, la valeur moyenne en 2024 dépasse plutôt les ~700 000$.


Impact réel pour les résidences unifamiliales

Pour M. et Mme Tout-le-Monde, le pourcentage de taxation importe moins que le montant réellement payé année après année. La taxe moyenne présentée pour 2026 est d’environ 5 000 $. Or, si votre résidence vaut 700 000 $, votre compte de taxe sera près de ~8 500$. Évidemment, si votre résidence vaut ~2 300 000$, votre compte de taxe se rapprochera de ~19 000$ par année. Et rappelons que c’est la même argent pour tout le monde!

L’augmentation de la valeur foncière est tout aussi importante que celle du taux de taxation, sans oublier les services à coûts fixes. Je reproche donc à la présentation de ne pas être adaptée aux résidences unifamiliales, ce qui empêche pour le citoyen de visualiser l’impact financier réel. Une hausse de 3 % du taux combinée à une augmentation de 100 000 $ de la valeur foncière, ce n’est pas une hausse de 3 %. Ce que nous voulons savoir, c’est combien cela coûtera concrètement, en dollars nets, dans notre compte bancaire après impôts.

D’ailleurs, M. Pelletier rappelle que les valeurs foncières à North Hatley ont doublé depuis 2017 et que cette hausse profite directement aux propriétaires…


Base du budget 2026

Est-ce que le budget 2026 est basé sur les résultats de 2025? J’ai confirmé avec M. Simoneau que le budget 2026 n’est pas basé sur les résultats réels de 2025, mais uniquement sur une comparaison de budgets antérieurs. Selon lui, c’est la méthode utilisée lors des présentations budgétaires.

M. Pelletier affirme toutefois que l’année 2025 se déroule « très, très près » des prévisions. Il faudra attendre juillet 2026, lors du dépôt des états financiers audités par RCGT, pour en avoir la confirmation. D’après M. Pelletier, on fait des états financiers « intérimaires » aux 4 mois. Les derniers datent donc du 1er octobre. Aucun risque que la réalité soit loin du budget.


Travaux à l’hôtel de ville

Débuté en octobre 2024 (bientôt 14 mois), les appels d’offres doivent être déposés. Les travaux visant les bureaux des employés municipaux devraient être complétés au plus tard le 30 avril 2026, selon M. Simoneau. Heureusement, les locaux temporaires sont appréciés des employés et de la mairesse.


Nouveau site web municipal

La municipalité prévoit lancer un nouveau site web en 2026, au coût de 27 000 $. Or, un site web sans véritable plan de communication apporte peu de valeur à mon avis. Et, là aussi le diable est dans les détails du contrat. Pour l’instant, la mise en place d’un portail citoyen n’est pas envisagée, sans doute faute de moyens financiers. On s’entend, avec 27 000$, on ne fait pas grand chose à part rendre le site peut-être visuellement plus attrayant (J’ai co-créé plus de 1 000 sites web au cours de ma carrière). La clé est dans l’actualisation du site web pour communiquer avec les gens. Cela nécessite rigueur et organisation.


Garage municipal : financement à trouver

Un projet majeur demeure à l’étude : la construction d’un nouveau garage municipal. Le financement pourrait provenir de subventions, de dons ou de la vente du terrain actuel ou du « dôme vert » près de la rue — un élément parfois présenté comme une « image de North Hatley », mais qui, selon moi, n’a pas sa place dans le paysage.

Le budget envisagé est de ~800 000 $, notamment pour entreposer adéquatement notre machinerie et nos deux nouveaux camions de déneigement (665 000$), actuellement exposés aux intempéries. Permettez-moi d’être critique. Pour utiliser une analogie simple : lorsqu’on n’a pas de garage, on évite normalement d’acheter des VTT’s.


État actuel des infrastructures

Nos infrastructures municipales sont-elles désuètes? La réponse est oui. Selon M. Tremblay, un budget de 100 000 $ est prévu en 2026 afin d’en évaluer l’état et de préparer les demandes de subventions. En 2028, la municipalité espère obtenir au moins 2 000 000 $ pour amorcer les travaux, principalement sur l’aqueduc. Ça sent les gros travaux d’aqueduc… et le retour des cônes oranges en 2028 pour sûre.

À mon avis, l’ampleur réelle de la désuétude est toutefois sous-estimée, probablement pour éviter d’inquiéter la population ou encore par manque d’information.


Budget de contingence pour les bris

A-t-on un budget de contingence pour les infrastructures? Oui, un budget de contingence existe pour les bris d’aqueduc, selon M. Tremblay. Cela dit, une seule petite réparation d’asphalte a récemment coûté 50 000 $. Une hausse du prix du bitume peut donc rapidement exploser nos budgets. Pourtant, on doit bien contingenter. D’après M. Tremblay, on se base sur notre historique de bris des dernières années. C’est juste que ça va être exponententiel d’après moi. On ne voit que la pointe de l’Iceberg.


Surplus budgétaires

Aura-t-on des surplus budgétaires en 2025? Question du citoyen M. Alain Beaulieu. À cette question, M. Simoneau s’est montré hésitant, tandis que M. Tremblay a été plus clair : si oui, très peu.

M. Pelletier a également mentionné que certaines municipalités génèrent des surplus en « surtaxant » leurs citoyens. Je me suis permis de critiquer cette affirmation : North Hatley figure déjà parmi les municipalités les plus lourdement taxées du Québec. Évidemment, à North Hatley, il ne s’agit pas de surtaxer, mais bien d’un rattrapage forcé : on taxe parce qu’on est endetté. Par contre, on ne peut pas tenter de justifier cela. On doit juste ramener la taxe municipale à un taux normal dans les plus brefs délais.


Dette municipale

À ma question de savoir quand la dette municipale sera entièrement remboursée, les réponses ont d’abord été floues. En précisant ma question — sans imprévus, selon l’échéancier bancaire — M. Pelletier a confirmé l’année 2031. On exclut les quotes-parts avec la MRC dans l’équation. Pour moi, un chiffre à connaître par tous les élus et citoyens, 2031…

D’après M. Tremblay, nous aurons un allègement financier en 2027. Cela ne change pas notre endettement. Je pourrai commenter lorsque j’aurai les budgets en main.

Fin de la dette

Une fois la dette remboursée, peut-on espérer une baisse de taxes? Mme Gerrish s’est montrée prudente. Tout dépendra des investissements futurs, notamment à la lumière du nouveau plan directeur et de la vision qui en découlera. Une baisse de taxes est évoquée, mais demeure, pour l’instant, très théorique.

Est-ce que le gens veulent améliorer North Hatley ou baisser la taxe?


En résumé

En conclusion, Mme Gerrish l’a elle-même reconnu : il reste encore beaucoup de planification à faire pour bien comprendre où s’en va North Hatley dans les prochaines années pour arrimer une vision aux budgets.

J’en comprends donc que la gestion actuelle de North Hatley demeure largement réactive — on éteint des feux, on agit au cas par cas et on fait face à des surprises, qu’il s’agisse d’un bris d’aqueduc en décembre ou d’une flambée du prix du bitume. Il y a du bon vouloir de mieux planifier à travers des fonds limités. Tristement, essayer de faire plus avec moins, c’est la réalité de la moyenne des gens.

Certes, un budget doit prévoir une marge pour les imprévus, et je conviens qu’il y a des limites à ce qui peut être anticipé. Toutefois, lorsqu’on connaît l’état général de nos infrastructures, ces situations ne devraient pas constamment nous surprendre. Le rôle premier d’un budget est justement d’anticiper, de planifier et d’éviter les chocs financiers — afin de ne pas se retrouver, une fois de plus, pris au dépourvu.

Malgré tout, j’ai l’impression qu’on progresse.

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